1991 a été une grande année rock, mais pas seulement… iiconi propose sa sélection de 10 albums incontournables parus il y a (déjà !) 30 ans.

 

Nirvana Nevermind (Geffen)

 

Apparue par surprise, la déferlante Nirvana a fait basculer le rock alternatif vers le mainstream grâce à une formule imparable : d’un côté, les chansons cathartiques de Kurt Cobain, songwriter aux émotions à vif. De l’autre, un lissage sonore adapté aux radios FM opéré par le producteur Butch Vig. Le succès mondial de Nevermind ouvrira les portes au mouvement grunge, tout en plongeant Kurt Cobain dans une abime sans-retour.

Titres essentiels : “ Smells Like Teen Spirit“, “Come As You Are“, “Something In The Way“

 

U2 Achtung Baby (Island)

 

En proie au doute, la bande de Bono se réfugie à Berlin en compagnie du producteur-accoucheur Brian Eno. Lors de ces séances, la magnifique ballade “One“ servira de déclencheur d’un nouvel élan créatif. L’intégration de programmations électroniques — perceptibles dans les inventifs “The Fly“ et “Mysterious Ways“ — ranime également le rock lyrique et aventureux d’un U2 prêt à en découdre avec la nouvelle décennie.

Titres essentiels : “One“, “Mysterious Ways“, “The Fly“

 

Massive Attack Blue Lines (Virgin)

 

Sorti en pleine guerre du Golfe, Blue Lines définit les fondations de la scène trip-hop. Sur ce premier essai, le collectif bristolien remet au goût du jour d’obscurs joyaux du jazz-funk des années 1970, rehaussés de beats ingénieux et relâchés. Interprété par Shara Nelson et porté par les majestueuses cordes de Will Malone, le fascinant “Unfinished Sympathy“ demeure un classique intemporel.

Titres essentiels : “Unfinished Sympathy“, “Safe From Harm“, “Be Thankful For What You’ve Got“ 

 

Red Hot Chili Peppers Blood Sugar Sex Magic (Warner)

 

L’arrivée de John Frusciante, jeune prodige de la six-cordes, apporte une note mélodique au funk-rock débridé des premiers essais des Red Hot Chili Peppers. “Give It Away“, premier single surpuissant, anticipe une série de compositions riches en nuances : produit par Rick Rubin, le cinquième album du quatuor californiens embrase les charts grâce à une ballade lumineuse, “Under Ther Bridge“, chronique des années de dépendance du chanteur Anthony Kiedis.

Titres essentiels : “Under The Bridge“, “Give It Away“, “Suck My Kiss“

 

Alain Bashung Osez Joséphine (Universal)

 

Alain Bashung retrouve les grâces du succès artistique et commercial avec un huitième album gravé entre Paris, Bruxelles et Memphis, et l’arrivée d’un nouveau parolier, Jean Fauque. Lancé comme un cheval au galop sur la piste du folk-rock électrique, “Osez Joséphine“ devance les métaphores sensuelles de “Madame rêve“ et d’énivrantes “Volutes“, sans oublier une émouvante reprise du “Nights In White Satin“ des Moody Blues.

Titres essentiels : “Osez Joséphine“, “Madame rêve“, “Volutes“

 

Pearl Jam Ten (Columbia)

 

Nommé d’après le numéro du maillot de Mookie Blaylock, le basketteur préféré d’Eddie Vedder, le premier album de Pearl Jam a été rapidement associé à la vague grunge. L’approche du groupe alternatif de Seattle est pourtant davantage radio-friendly et orientée vers le classic rock, via les spectaculaires solos de guitares de Mike McCready. Près de 10 millions d’acquéreurs depuis sa sortie ne s’y sont pas trompés.

Titres essentiels : “Alive“, “Even Flow“, “Jeremy“

 

A Tribe Called Quest The Low End Theory (Jive)

 

En associant le hip-hop aux couleurs du jazz, le deuxième album d’A Tribe Called Quest pulvérise les frontières et révèle le talent de son leader-producteur Q-Tip. Basé sur des samples d’illustres instrumentistes (Art Blakey, Cannonball Adderley, Eric Dolphy…) et les interventions du légendaire contrebassiste Ron Carter, The Low End Theory apporte une fraîcheur nouvelle au genre. “Scenario“, son grand final, marque aussi l’apparition d’un rappeur dont on entendra bientôt parler : Busta Rhymes.

Titres essentiels : “Check The Rhime“, “Jazz (We’ve Got)“, “Scenario“

 

Guns’N’Roses Use Your Illusion 1 & 2 (Geffen)

 

Coup double pour les Guns en septembre 1991 avec la sortie simultanée du plus célèbre dyptique du hard-rock, tendance MTV. Axl Rose, Slash, Izzy Stradlin, Matt Sorum et Duff McKagan alignent une suite de brûlots hargneux, agrémentés de ballades épiques (“November Rain“, accompagné de son clip en grand large) et de reprises choisies avec “Knockin’ On Heaven’s Door“ de Bob Dylan et “Live and Let Die“ des Wings. Monumental !

Titres essentiels : “November Rain“, “You Could Be Mine“, “Knockin’ On Heaven’s Door“ 

 

Metallica Metallica (Universal)

 

Noir, c’est noir pour les apôtres du heavy-metal, dont le Black Album (nommé ainsi en raison de sa pochette monochrome) signale l’apogée. Moins porté sur les sonorités trash et progressives de ses prédécesseurs, Metallica frappe juste et fort (le riff biblique d’“Enter Sandman“) — et parfois en douceur : le cinquième album du groupe accède à la reconnaissance FM par l’intermédiaire des arpèges mineurs de “Nothing Else Matters“, sur lesquels s’acharnent les apprentis guitaristes depuis 30 ans.

Titres essentiels : “Enter Sandman“, “Nothing Else Matters“, “Wherever I May Roam“

 

R.E.M. Out of Time (Warner)

 

Il aura fallu attendre sept albums pour que le groupe d’Athens (Georgie) perde son statut de secret le mieux gardé du folk-rock alternatif américain. “Losing My Religion“, single au succès inégalé pour la formation emmenée par Michael Stipe, distille toutes les qualités de R.E.M. : mélodies pop imparables, guitares ouvragées et textes à cœur ouvert.

Titres essentiels : “Losing My Religion“, “Radio Song“, “Shiny Happy People“